• J’ai piégé Antoine Vayer et Thierry Vildary : les mails

    Ici, je propose en intégralité les mails échangés entre moi, Dimitra, et Thierry Vildary / Antoine Vayer. Je propose les trois parties suivante : d’abord j’expose le scénario, pour que la lecture des mails soit facile. Puis viendront les mails, sans coupure, sans montage, bruts, accompagnés d’un commentaire explicatif à chaque fois. Et enfin une brève conclusion.

    Le scénario du piège

    Il s’agissait pour moi de poursuivre un objectif simple : faire parler Thierry Vildary. Depuis des années, je le voyais accuser à tort et à travers nombre de cyclistes. Jeter des suspicions. Mais sans jamais qu’une « affaire » ne soit poussée à son terme. Cela fait une décennie que ce journaliste d’investigation qui s’auto-proclame « meilleure agence antidopage française underground » nous promet des révélations dantesques concernant l’usage de moteurs dans le peloton. Je voulais donc savoir si j’avais à faire à un vrai spécialiste, un crack, ou à un esbroufeur.

    Pour ce faire, il me fallait bâtir un personnage fictif. Et ne rien laisser au hasard. Je choisissais donc de me prénommer Dimitra, hackeuse des pays de l’Est, membre du fameux groupe russe Fancy Bears. Ces derniers avaient fait parler d’eux au cours des JO de Rio en 2016, en rendant publique une liste (extrêmement douteuse, truffée d’erreurs) de prescriptions médicales supposément à l’usage de coureurs cyclistes pendant les épreuves olympiques. Mon personnage est donc celui d’une femme, jeune, parlant anglais. Ceci n’est pas anodin : je sais qu’en choisissant d’être une femme, je vais asseoir le sentiment de supériorité dont jouit Thierry Vildary. Intouchable nabab chez France Télévisions, persuadé d’être un journaliste d’investigation de pointe, je pense cerner le profil de l’animal. Être contacté par une femme le flattera, le rendra moins prudent, et le fera donc parler plus facilement.

    Le scénario devient un peu plus hollywoodien ensuite. Dimitra et le groupe des Fancy Bears sont employés par un magnat du pétrole russe, qui vivrait à Boston et souhaiterait investir à long terme dans le cyclisme professionnel. Son objectif : gagner le Tour de France avec un coureur français sous peu. Pour cela, il pense d’abord devoir nettoyer le cyclisme des dopés qui y pullulent (voilà qui va me permettre de me caler sur le discours de Vildary/Vayer). Il aurait donc employé Dimitra et son équipe des Fancy Bears, au cours du Tour 2020, pour hacker les conversations Telegram des coureurs, des staffs etc.

    Il s’agit donc de faire croire à Thierry Vildary (puis à Antoine Vayer), que le magnat du pétrole russe a monté une équipe commando de choc et que cette dernière dispose d’informations en pagaille, recueillies pendant les 21 jours du Tour 2020, sur le prétendu dopage massif des principales équipes du peloton.

    Le scénario est tout de même assez fou. Si, pendant les conversations, Thierry Vildary met les formes en prétendant devoir vérifier les informations, en moins de 7 jours d’échange, depuis une simple adresse gmail (!), il aura :
    – livré le nom de l’équipe de « spécialistes » avec laquelle il travaille
    – pavoisé en écrivant noir sur blanc avoir des preuves concernant le dopage technologique ou traditionnel chez UAE et Ineos/Sky
    fait publier par un Antoine Vayer complice une fake news sortie de mon imagination sur Twitter sans AUCUNE vérification
    – révélé avec quel clan de quel cycliste professionnel il travaille
    – bavé un peu (beaucoup) sur ses collègues de France Télévisions (Voeckler, Offredo, Jalabert)
    – proposé DE LUI-MÊME d’enquêter sur un prétendu dopage mécanique (là encore totalement inventé) de son collègue Laurent Jalabert

    D’aucuns, persuadés de la probité du duo Vildary/Vayer, trouveront dans le contenu des mails qui vont suivre matière à les défendre. Je me demande cependant quel crédit peut bien avoir un « journaliste d’investigation » pareil, si peu scrupuleux, quand bien même il annonce être prudent. Reste que je comprends mieux pourquoi aucune affaire sérieuse n’est réellement sortie sous son patronage. Les tricheurs, les vrais, peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Je me demande aussi quel crédit peut bien avoir Antoine Vayer auprès de la presse et du grand public, lui qui est prêt à mentir avec son complice, en direct, inventant une affaire rocambolesque de nouveau produit dopant révolutionnaire. Je me demande pourquoi le Parquet de Marseille continue de suivre aveuglément et systématiquement les tuyaux percés de personnes n’ayant abouti à aucun résultat. Le cyclisme professionnel a une bonne gueule de coupable idéal, surtout lorsqu’il n’est pas français. « Eux » se dopent, « nous » on est clean. D’ailleurs, lors de la conversation, pour accuser Julian Alaphilippe de dopage, Vayer dira « Julian is Belge ». CQFD.

    Remarque additionnelle 1 : Pour être crédible aux yeux de nos deux Sherlock, j’ai évidemment dû être précis, citer des noms de coureurs, de staffs, d’équipes, pour faire accroire que je disposais d’informations explosives les concernant. Je précise donc et déclare sur l’honneur qu’AUCUNE des informations lunaires que je mentionne dans les mails n’est vraie. Aucune, pas une. Je me suis simplement calé sur ce que je connais des discours respectifs de Vildary et de Vayer, de leurs lubies, de leurs obsessions. J’en profite pour présenter mes excuses à ces coureurs, à ces équipes, pour avoir dû citer leurs noms en les associant à un dopage lourd. Je me devais de montrer patte blanche pour hameçonner les deux compères. Lorsque, par exemple, je mentionne Laurent Jalabert, je ne le fais pas pour lui nuire, simplement pour susciter une réaction de Thierry Vildary envers son collègue, et voir jusqu’où il peut aller. Je le répète donc, tout est faux, inventé, calé sur la folie des deux compères. Que personne ne s’aventure à penser qu’un pourcentage même infime de ce qui va suivre est vrai. Tout est fruit de mon imagination un brin féconde.

    Remarque additionnelle 2 : Dans la même veine, je suis perclus de remords quand je constate que Vayer, persuadé que l’auteur du piège est le kiné de Bahrain Victorious, le poursuit de sa haine ainsi que son équipe, depuis plus d’un an. Je regrette profondément que par la faute de l’échange de mails que vous allez lire (et donc par ma faute…), l’équipe ait eu à subir deux perquisitions, une mauvaise presse injustifiée. Je dois reconnaître ici, en toute transparence, un gros risque d’échec : mon but était de décrédibiliser deux enquêteurs que je savais médiocres voire mal intentionnés, et de redonner par la même du crédit aux cyclistes professionnels trop souvent facilement montrés du doigt. Je ne pouvais pas imaginer qu’Antoine Vayer allait décider de régler un compte visiblement ancien avec Bahrain et son kiné, et par la même jeter l’opprobre sur une formation entière. Je regrette qu’en raison de ce piège, le kiné de l’équipe ait à subir les répercussions de la chose, simplement parce qu’Antoine Vayer a décidé que l’instigateur, c’était lui. Une nouvelle fois, je déclare sur l’honneur que je ne suis pas cette personne, et que j’ai agi seul.

    Remarque additionnelle 3 : J’imagine que désormais, la haine d’Antoine Vayer va se déporter sur moi. J’imagine donc qu’un beau matin la police, diligentée par le Parquet de Marseille, viendra saisir mon ordinateur, mon téléphone portable etc. C’est la suite naturelle des choses. Je ne fuirai pas, je ne vais pas changer de téléphone, ni d’ordinateur. J’ai monté ce piège, je le crois, à des fins moralement justes. J’ai obtenu un flagrant délit de mensonge. J’ai obtenu la conviction que j’avais à faire à un journaliste passablement mauvais, limité intellectuellement, vantard, obnubilé par une chimère, et à un fou aigri, prêt au mensonge pour briller. Si je dois tomber, d’un point de vue juridique, pour cela, ainsi soit-il. J’emporterai la morale avec moi.

    Les mails

    Je note avec surprise que Thierry Vildary utilise une adresse Gmail, soit une passoire pour qui veut y pénetrer. Pratique peu courante chez les journalistes d’investigation.

    Thierry Vildary écrit son message dans l’objet du mail. Rien d’autre à signaler, mais je produis ici l’ensemble des mails, y compris ceux sans intérêt, par souci de transparence totale.

    Je mets en place la légende/le scénario. Je communique depuis une adresse cryptée Protonmail. Je choisis de flatter l’égo de Thierry Vildary, et lui propose de faire tomber Roglic, Pogacar ainsi que des membres des équipes Jumbo et UAE. Je mets également en place le bobard hollywoodien et somme toute complètement improbable du riche magnat du pétrole russe vivant à Boston. J’expose son objectif de gagner le Tour avec un coureur Français. Ceci n’est pas anodin. Je me cale ici sur les lubies grotesques de Thierry Vildary, connues de tous au sein du cyclisme professionnel et plus généralement du sport professionnel. Pour lui, français = pas dopé, étranger = dopé. Et si un coureur français a du succès dans une équipe étrangère, il passe directement dans la case dopé. Même chose avec Antoine Vayer, vous le verrez plus tard.

    Première révélation, sans même avoir pris la peine de vérifier la fiabilité de son interlocuteur, Thierry Vildary annonce travailler sur les cibles que j’ai mentionnées auparavant. Arrêtons-nous un instant là-dessus : imaginons que je sois un membre mal intentionné des équipes Jumbo ou UAE, parti à la pêche aux informations… En trois mails, Thierry Vildary viendrait sans aucune précaution de me livrer l’information d’une enquête sur mon équipe. Je laisse le lecteur juge de l’amateurisme du procédé.

    Thierry Vildary va même plus loin en m’annonçant être sur le coup d’un « gros filon d’information depuis samedi » (date du chrono à la Planche des Belles Filles, où Pogacar ravit à Roglic son maillot jaune). Merci pour les détails. Par ailleurs je note que ce « gros filon d’information », à la date où je publie ces mails, n’a toujours rien donné. Cela fait 653 jours. Ça fait long. Long comme un tuyau percé.

    Je note, dans le même ordre d’idée, que Thierry Vildary m’informe travailler « confidentiellement » avec un journaliste italien. Et de me donner son nom, dans la même phrase, ainsi que son lieu de travail. Nous ne partageons visiblement pas la même notion de « confidentialité », et j’insiste sur l’aspect problématique de la chose, lorsque l’on se prétend journaliste d’investigation.

    La partie que j’ai barrée en noir est le numéro de Thierry Vildary, qu’il donne donc à un inconnu. Je ne le diffuse évidemment pas et ne le ferai jamais. La charge est professionnelle, n’a rien de personnelle, et je me refuse d’utiliser les méthodes peu déontologiques de l’adversaire.

    Puisque je joue la transparence, je signale ici que Thierry Vildary assure vouloir vérifier les informations que je vais lui donner avant de les publier. Bon point. Sauf que, nous l’allons voir plus tard, il n’en fut rien.

    Je fais enfin remarquer qu’à la seule mention du groupe Fancy Bears, Thierry Vildary aurait dû stopper la conversation. Ce groupe de pseudo-hackers russes s’étant passablement ridiculisé lors des JO de 2016 en comettant des erreurs grossières dans les soi-disant ordonnances (AUT) qu’ils produisirent, nuisant totalement à leur crédibilité. Un exemple parmi d’autres, l’ordonnance de Jakob Fuglsang, soi-disant validée pour les instances pour les JO de 2016, le présentait comme un coureur de Mountain bike.

    Je poursuis l’établissement de ma légende. Je fais ici remarquer l’aspect totalement farfelu du scénario, pour n’importe quelle âme un brin réaliste.

    Mon objectif ici est de faire accepter à Thierry Vildary que l’échange se déroule uniquement par mail. Ce qui me permet d’éviter l’écueil d’une conversation téléphonique. J’inclus dans la légende le fait de travailler avec le gouvernement fédéral américain. Grotesque.

    J’expose la façon dont les Fancy Bears auraient travaillé durant les 3 semaines du Tour pour récolter des informations compromettantes. J’annonce ainsi que durant l’épreuve, 6 d’entre nous n’ont pas quitté d’une semelle les coureurs et le staff de trois équipes : Jumbo, UAE et Ineos, parfois déguisés en touristes, parfois en fans, et même en membre du staff de Jumbo. James Bond n’a qu’à bien se tenir.

    J’explique que les équipes utilisent le réseau codé Telegram pour discuter des produits, des posologies, utilisant des noms de codes peu raffinés pour décrire les substances. Je commence donc ici à introduire/effleurer le thème principal de ces mails, qui va arriver plus tard, le fameux produit dopant révolutionnaire au nom de code explosif AK47. Patience.

    Enfin, j’affirme que notre but est de « faire tomber ces tricheurs, même si cela implique des méthodes illégales ». Je n’ai évidemment pas écrit cela par hasard. Je teste ici la déontologie de Thierry Vildary. Puisqu’il ne relève pas et continue la conversation, j’imagine qu’utiliser des méthodes illégales ne le dérange pas.

    Alerte info. Thierry Vildary annonce que concernant le dopage d’Ineos (anciennement Team Sky) je suis arrivée trop tard sur cette édition du Tour 2020. Je mentionnais en effet dans le mail précédent n’avoir pas pu réunir de preuves de dopage à leur encontre. Ouvertement et de façon très claire, Thierry Vildary vient donc d’affirmer qu’Ineos/Sky a utilisé le dopage lors des saisons 2017-2018. Je rappelle que Thierry Vildary est un ponte de la rédaction de France Télévisions. Pourquoi dans ce cas n’a-t-il rien publié concernant ce soi-disant dopage ?

    Deuxième alerte info. Thierry Vildary affirme noir sur blanc que Jumbo et UAE trichent, « et pas uniquement avec de la chimie ». Référence évidente au dopage mécanique.

    Une système/mode de fonctionnement commence à se faire jour. L’homme est obnubilé par le dopage mécanique (la suite des mails va le confirmer), dit savoir beaucoup de choses, mais en définitive, plusieurs années plus tard, n’a strictement rien sorti qui soit en mesure de confirmer ses propos. Absences de preuves ? Je n’ose l’imaginer, car cela rendrait ces accusations mensongères. Je ne doute pas qu’à suite à la divulgation de ces échanges, Thierry Vildary s’empressera de rendre publiques les preuves du dopage passé d’Ineos et du dopage traditionnel/mécanique de Jumbo et d’UAE.

    Ma réponse, sans intérêt, produite encore une fois à des fins de totale transparence.

    Comme prévu dans l’échange de mails précédent, je présente les informations dont je dispose. Je mentionne le rôle central du docteur San Milan, qui selon mes élucubrations, aurait mis au point un nouveau produit booster d’EPO ainsi qu’une nano technologie capable de détruire la présence du surplus d’EPO dans le sang. Pratique en cas de contrôle. Et surtout complètement improbable.

    J’annonce avoir des preuves concernant le dopage électronique de Roglic. Je ne fais là encore une fois que me caler sur ce que je sais des lubies de Vildary. Tout coureur qui a un rythme de pédalage un brin rapide est pour lui coupable de dopage mécanique. J’explique que les coureurs appellent ce système du nom de code « Ian », du nom d’Ian Mc Kellen, l’acteur jouant le rôle de « Magnet » dans X-Men. En effet, la technologie mécanique utiliserait des magnets à activation bluetooth cachés dans les roues…

    J’ajoute ici une précision de la première importance : je précise que ce système de dopage technologique fait appel à une technologie de récupération d’énergie dérivée de la course automobile, la Formule 1 notamment. Cette invention totale de ma part, je l’ai lue presque mot pour mot, présentée comme une information, dans plusieurs articles largement postérieurs à cette affaire, émanant des journalistes proches du duo Vildary/Vayer. Je produis ici la capture d’écran d’un de ces articles, et laisse le lecteur juge de la troublante ressemblance entre mes mots et ceux du journaliste :

    J’invente deux ou trois autres péripéties, pour faire bonne mesure, concernant David de la Cruz et un coureur non identifié de Jumbo au taux de globules rouges manifestement trop élevé.

    Point important, je propose à Vildary une belle somme d’argent ainsi qu’un poste dans l’équipe que le pseudo magnat russe veut créer.

    Premièrement, pour prouver ma bonne foi au lecteur et rester juste dans cette affaire, je mets ici en avant que Thierry Vildary refuse toute somme d’argent. C’est à porter à son crédit et je ne compte pas l’occulter.

    Pour le reste, Thierry Vildary affirme noir sur blanc avoir la preuve « plus simple » que l’équipe UAE utilise un moteur. Encore une fois, où sont les preuves ? Même raisonnement qu’auparavant, sous peine de confiner à de l’accusation mensongère pure et simple.

    Je note que Thierry Vildary parle de lui-même comme du « pilote de ce cas ». Et qu’il souhaite tirer la « silver bullet ». Je l’interprète ici comme le coup fatal, la mise à mort. Qui décidément tarde à venir depuis 2020.

    Par ailleurs, Thierry Vildary mentionne son ami ingénieur hongrois. Il s’agit du bien connu et sulfureux Istvan Varjas. Qui prétend depuis une décennie, au gré de déclarations toutes plus fracassantes les unes que les autres, avoir fourni à des coureurs cyclistes professionnels des moteurs dissimulables dans le cadre des vélos. Après le buzz, sont venus les doutes. Le système présenté, trop lourd et trop bruyant, fait plus office de gadget pour troisième âge que de moteur révolutionnaire. Toute le monde en est revenu. Sauf Thierry Vildary. Varjas avait prétendu avoir signé un contrat de plusieurs millions d’euros avec un ténor du peloton qui « tournait les jambes très vite », contrat disposant une confidentialité/exclusivité sur dix ans. La référence à Lance Armstrong était évidente, et cela fait bien plus de dix ans que Lance Armstrong a gagné son dernier Tour. Pas de preuve, donc, mais des accusations qui semblent encore séduire la lubie motorisée de Thierry Vildary. Voilà donc le niveau d’expertise de l’équipe de choc de Thierry Vildary. Si des coureurs cyclistes utilisent réellement des moteurs, je ne suis pas certain qu’ils tremblent devant tant d’amateurisme.

    Échange assez peu instructif, je flatte un brin mon interlocuteur en le qualifiant d’expert, j’annonce devoir revenir vers mon patron magnat du pétrole pour lui faire part des réponses de Thierry Vildary. Il s’agit pour moi également de désamorcer la situation, car je viens de proposer une corruption évidente, refusée, et qui aurait pu faire fuir un journaliste d’investigation. Heureusement, ce n’est pas le cas… et la conversation va pouvoir continuer.

    Dans ce mail, je joue l’ingénu. Pour continuer d’entretenir Vildary dans sa position de dominant, dont il raffole, propice à ce qu’il se livre. Je recontextualise : le soir même de l’arrivée du Tour 2020, lors du Stade2 en direct des Champs Élysées. Thierry Vildary commet un reportage accusateur franchement douteux sur Pogacar. Ses managers furent les managers de l’équipe Saunier Duval il y a 15 ans, où plusieurs coureurs furent contrôlés positifs. Suffisant pour jeter l’opprobre sur le nouveau vainqueur du Tour. Quand on ne dispose pas de preuve, il faut accuser par association. Procédé bien connu des manipulateurs. Sauf que, de retour en plateau après le sujet, Laurent Jalabert, Yoann Offredo et Thomas Voeckler s’insurgent à juste titre contre ce reportage. Voilà pourquoi je demande dans ce mail à mon interlocuteur ce qu’il pense de ce genre de réactions. J’ajoute le nom d’un chroniqueur de chez Eurosport, Nicolas Fritsch, dont j’avais vu sur Twitter qu’il avait eu quelques prises de becs avec Vildary.

    Vildary explique qu’il « se fiche de ces mecs », dont certains rappelons le sont ses collègues de travail. Rigolard et un brin vantard, il dit ne pas faire partie du même monde, et qu’ils l’ont bien faire rire lors de leurs réactions au reportage en question. Les intéressés apprécieront.

    Toujours emprunt de la modestie la plus exemplaire, Thierry Vildary s’auto-proclame « meilleure agence française antidopage underground ».

    Ici Vildary joue la montre. Il demande à retarder la publication des informations, afin d’organiser un flagrant délit afin de ne laisser aucune chance aux tricheurs. J’ai ici un doute sur la réelle motivation de Thierry Vildary. Je suis convaincu que s’il court ainsi après un flagrant délit, c’est qu’il sait parfaitement que depuis une décennie d’accusations lourdes, il n’a toujours rien produit de concret. Hormis un vulgaire et obscure moteur dépassant du bidon d’un coureur amateur d’une division cycliste anonyme. Cela reste mon interprétation, je la livre ici et laisse le lecteur libre d’établir la sienne.

    Thierry Vildary revient sur ses propos et la durée d’attente avant de publier les informations concernant les pratiques dopantes du peloton. Rien de transcendant, mais la transparence m’oblige à publier ce mail aussi.

    Un mail très long mais d’une importance capitale. Je vais tenter de résumer la chose.

    J’annonce que mon boss magnat du pétrole souhaite rencontrer Thierry Vildary à l’occasion d’un weekend tous frais payés à Boston, sa ville de résidence.

    J’invente que Tom Dumoulin, coureur que je présente à l’ancienne et honnête, est en colère contre le staff de la Jumbo et prêt à nous aider. Le seul et unique but de cette invention est de pousser Thierry Vildary, que je perçois alors comme vantard et hâbleur, à me révéler si lui aussi dispose de contacts au sein des coureurs professionnels. Et ça ne va pas manquer, plus tard dans les mails.

    Je fais mine d’accepter son refus d’argent, pour lui en proposer de manière plus dissimulée : mise à disposition de toutes les ressources disponibles, paiement si besoin est des frais d’enquête.

    Ayant testé le terrain concernant les relations de Vildary avec ses collègues de travail à France Télévisions, j’invente un bobard énorme. Je prétends que Laurent Jalabert (auprès duquel je m’excuse une nouvelle fois), aurait utilisé un vélo à moteur lors de Ironman à Hawaï. J’ajoute Vinokourov dans la balance, qui participa à la même édition, pour faire bonne mesure. Je veux voir jusqu’où Thierry Vildary peut aller lorsque l’enjeu concerne un collègue de travail.

    Je promets la fourniture de preuve pour le lundi qui suit. Il est bon de rappeler qu’à ce stade de la conversation je n’ai toujours rien fourni de prouvé, de sourcé.

    Concernant les produits, chacun peut lire ce que j’écris, je ne vais pas alourdir la chose. En revanche, nous touchons là à l’ÉLÉMENT CENTRAL de toute l’affaire. J’invente l’usage d’une nouvelle molécule absolument révolutionnaire, à l’efficacité redoutable, tellement efficace que les coureurs l’auraient surnommée « AK47 », du nom de la fameuse arme automatique superpuissante des moudjahidins afghans. Pour que le tout paraisse crédible, je donne force détails de posologie, ainsi que des précisions inutiles de contexte qui n’ont pour but que de faire paraître vraie l’existence de cette substance.

    Concernant les moteurs, je répète l’existence de « Ian », les fameuses roues à magnets. J’invente également avoir mis la main sur un carte à destination de Pogacar lors du dernier contre-la-montre du Tour, avec en rouge les segments où il devait activer son moteur.

    Voilà les informations principales du mail, j’en passe quelques unes sous silence à des fins de clarté et d’intelligibilité.

    Sans vouloir faire de mauvais esprit, en disant que globalement il était d’accord avec le mail précédent, Thierry Vildary vient d’accepter un pacte de corruption avec le paiement des frais d’enquête, le weekend à Boston tous frais payés.

    Au mieux n’a-t-il pas tout lu, encore une fois j’essaye d’être honnête. Reste que c’est au minimum, pour un journaliste d’investigation auquel la Justice obéit au doigt et à l’oeil à l’heure de diligenter des perquisitions, très imprudent.

    La réponse de Thierry Vildary. Qui accepte donc de rencontrer mon prétendu boss. Et cette fois-ci il a lu le mail. Quid du weekend tous frais payés ?

    Concernant Laurent Jalabert, je reste stupéfait de la réponse de Thierry Vildary : il écrit « je peux participer à une investigation ». Voilà donc un journaliste se proposant d’enquêter sur un collègue…

    Enfin, il réitère disposer d’une très bonne équipe, spécialistes des produits dopants et du dopage technologique.

    À cet instant de l’échange de mails, je note une drôle de coïncidence. À chaque fois que je donne des pseudo-informations à Thierry Vildary, je vois apparaître sur le compte Twitter d’Antoine Vayer des tweets reprenant à mots cachés ces informations et promettant un coup de filet prochain sur les principales équipes cyclistes. Je comprends alors pour la première fois que Vildary et Vayer ne font qu’un, et que l’un passe les infos à l’autre, qui ne sait visiblement pas tenir sa langue. Fort de ce constat, je décide de pousser les deux compères à publier la pseudo-information concernant le AK47 en direct, en public, sur Twitter. Et tenez-vous bien, c’est ce qui va se passer. Voici comment.

    Voici donc comment je décide de m’y prendre pour amener au flagrant délit de mensonge. Je prétends que notre groupe de hackers dispose pendant 48h d’un accès au téléphone de Joxean Fernández Matxin, manager de l’équipe UAE. Je propose donc à Thierry Vildary de publier la pseudo-information sur le AK47 ou bien celle concernant le développement et l’achat des composant du moteur, afin de faire réagir Matxin et de le faire utiliser son téléphone afin de disposer d’une prévue écrite contre lui. S’il envoie une message mentionnant l’info publiée, cela constituera une preuve irréfutable.

    J’ajoute alors que je ne crois pas pertinent que ce soit Thierry Vildary lui-même qui publie la chose. Mon objectif est aussi de prouver le lien entre Vildary et Vayer, je veux faire en sorte que ce soit Vayer qui publie l’information que j’ai donnée à Vildary Je joue donc une nouvelle fois l’ingénu et demande benoîtement à Vildary s’il ne connaîtrait pas, à tout hasard, une personne pouvant publier l’information tout droit sortie de mon imagination, et donc fake news totale. Voyez donc la suite par vous-même.

    Thierry Vildary : « Reçu. Je reviens vers toi plus tard. »

    Moi (Dimitra) : « Ok, merci ! »

    Thierry Vildary : « C’est fait ! »

    Je me précipite alors sur Twitter, et voici ce que je découvre avec stupeur :

    Antoine Vayer vient donc de publier, sans aucune vérification, une fake news, un mensonge.
    Thierry Vildary vient donc de faire publier, sans aucune vérification, une fake news, un mensonge.
    Lui qui souhaitait surprendre les tricheurs en flagrants délit est donc surpris en flagrant délit de mensonge.

    (Remarque : j’ignore totalement pourquoi Vayer tague l’équipe Bahrain dans ce tweet. Je note avec amusement qu’à l’époque, il les rangeait donc dans le camp du bien, de ceux qui se faisaient détruire par les autres. Géométrie variable.)

    Je laisse le lecteur méditer ceci. Voilà ce à quoi sont prêts un « expert » anti-dopage qui a table ouverte dans les médias français et un « journaliste d’investigation » haut responsable au sein de la chaîne publique France Télevisions, diffuseuse officielle du Tour de France. Voilà également à qui la Justice obéit, comme les mails suivants vont le prouver. De quoi éclairer d’un nouveau jour l’affaire Bahrain qui occupe les médias aujourd’hui.

    Je reprends le fil de la conversation, j’acte noir sur blanc la participation d’Antoine Vayer dans la publication de cette fake news.

    Toujours aussi peu prudent, Vildary me livre quasiment tous cuits les noms des acolytes d’Antoine Vayer. Au point où nous en sommes, pourquoi pas ? Ce que je ne comprends pas, je le confesse en toute sincérité, c’est qu’après m’avoir donné tous les indices pour trouver les noms auxquels il fait référence, Vildary dit vouloir me les révéler ultérieurement. Prend-il Dimitra pour une totale incompétente incapable de faire une recherche Google ? Encore une fois je le répète et j’insiste, il s’agit là d’un journaliste d’investigation. Et le voilà qui donne des noms sans scrupule, ou joue à faire semblant de les donner, pensant n’en avoir pas dit suffisamment pour démasquer lesdites personnes. J’hésite encore entre bêtise crasse ou arrogance aveugle d’un intouchable sûr de son fait.

    Ici vient l’élément majeur. Vildary me révèle (sans que je lui demande quoi que ce soit…) avoir un ami haut placé dans la Justice. Utile en cas de flagrant délit, dit-il.

    Ici, contrairement aux deux compères qui nous occupent, je vais utiliser mon intime conviction, car je ne peux accuser sans preuve et reprocher le même procédé à autrui. J’ai donc la très ferme conviction personnelle que cet ami de Thierry Vildary est haut placé au Parquet de Marseille. Les pseudo-affaires montées par le duo Vayer-Vildary lui sont régulièrement confiées. Avec un résultat systématiquement nul. Voilà pourquoi j’ai l’intime conviction, qui n’engage que moi, je le répète, que l’affaire Bahrain est une émanation du potentiel de nuisance de Thierry Vildary et Antoine Vayer. Dont vous connaissez désormais le sérieux (!) et les méthodes (!). Je note en tout cas que la Justice sait bien choisir de qui s’entourer.

    Échange ici intéressant, à mon sens. Je tente d’obtenir le contact d’Antoine Vayer, dont je ne trouve pas l’adresse mail sur internet. Vildary ne me la donne pas, préférant rester le seul canal d’information « pour le moment ». Vildary dit vouloir passer un screenshot à Vayer, afin de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une fausse opération. Je laisse cela à la sagacité du lecteur, je n’ai pas compris la référence.

    Ici Vildary soulève des erreurs quant aux posologies des produits que je lui ai annoncées. Visiblement, il n’a pas compris le fonctionnement de ce que je lui ai expliqué, et parle de nouvelle EPO quand le AK47 que j’ai présenté n’en est pas une. Peu importe, il est un peu tard pour se soucier de ce genre de détails, après la publication de l’information… Mais je note ici un potentiel de compréhension limité.

    Vildary en conclut, toujours modeste et jamais condescendant, que nous ne sommes pas spécialistes, ce qui est « normal ».

    Ici je durcis un peu le ton. Je menace de partir vendre mes informations à plus offrant. Évidemment, je ne fais pas cela en vain. Mon but est toujours le même : faire parler, faire parler et encore faire parler. Je joue donc l’offusquée et clame haut et fort que mes informations sont fiables, et checkées par l’USADA…

    Ici Thierry Vildary répond, et insiste sur le fait de ne pas vouloir abandonner l’affaire ainsi (de ce que je comprends de son anglais bancal).

    Dans cet échange, je feins d’avoir durci le ton à des fins de sécurité. Je plaide ma cause en disant ne pas connaître l’écosystème du cyclisme en France. Mieux vaut prévenir que guérir, les Fancy Bears souhaitent être certains de ne pas remettre leurs informations en de mauvaises mains. En adoucissant le ton ainsi, je crée un sentiment de réciprocité. Si Thierry Vildary se cale sur cette accalmie nouvelle, il sera plus enclin à s’ouvrir un peu plus à moi.

    Nous sommes le 27 septembre 2020, une semaine après la fin du Tour de France. Le « tomorrow » en question correspond à la date du lundi 28 septembre, date à laquelle je supprimerai l’adresse mail depuis laquelle je communique, laissant nos deux amis en rase campagne.

    Pour ceux qui s’en souviennent, Covid oblige, les Championnats du monde de cyclisme sur route se déroulaient cette année là une semaine après la fin du Tour, précisément le 27 septembre. J’en profite donc pour initier l’échange qui suit avec Thierry Vildary, qui sera un de nos derniers échange.

    Échange presque drôle s’il ne concernait pas un journaliste supposé spécialiste de vélo. Pendant la diffusion du Championnat du monde, je fais remarquer en direct à Vildary que Roglic utilise une cadence de pédalage lente en début de course, complètement différente de ce qu’il produira en fin de course, supposément avec l’aide d’un moteur. Je mentionne Varjas, car jusqu’à présent je n’ai pas la preuve écrite que le spécialiste moteur auquel Vildary fait référence est bien l’ingénieur hongrois. Par sa réponse, encore une fois sans précaution, Vildary me le confirme.

    Je veux insister sur la suite du mail de Thierry Vildary. Tous les cyclistes amateurs ou professionnels comprendront l’incompétence totale du journaliste. Il pointe, comme s’il s’agissait d’une preuve accablante, que lors de l’attaque de Bernal dans Marie Blanque, Roglic produisit un pédalage de 100 tour/minute. Et Thierry Vildary de préciser qu’il comptait. Faut-il expliquer à notre ami qu’un cycliste du Tour de France, pour suivre une attaque, élève généralement sa cadence de pédalage ? Que, même assis, il s’agit là d’un effort tout-à-fait commun, que l’on voit tous les jours chez les cyclistes bedonnants de l’anneau de Longchamp ? Thierry Vildary semble tellement obnubilé par la quête du Saint-Moteur qu’il en oublie toute prudence intellectuelle. Je reste assez abasourdi, même si cela peut paraître relever du détail, qu’un journaliste spécialisé puisse penser qu’un pédalage à 100 tr/min sur une attaque (donc une distance très courte) puisse constituer une preuve de dopage mécanique.

    Toujours devant les Championnats du monde, je commente le changement de vélo de Pogacar. Je me rappelle que dans la minute qui suivit ce mail, Antoine Vayer publia un tweet gorgé de sous-entendus sur ce même changement de vélo de Pogacar (évidemment propice à l’utilisation d’un moteur…).

    La réponse de Vildary. Alerte info, de nouveau. En parlant de moteurs, Vildary se vante d’avoir un contact auprès du clan Nibali. Encore une fois, j’insiste sur la facilité avec laquelle Thierry Vildary livre des informations. Je ne sais de quoi il en retourne, mais connaissant l’amateurisme du personnage, je ne suis pas certain que Vincenzo Nibali se soit associé avec ce triste sire. Je n’en sais rien, et ne gloserai donc pas plus avant sur la question.

    Vildary, toujours dans sa lubie motorisée, m’envoie ce mail qui, si je n’ai pas commis d’erreur dans la restitution chronologique des captures d’écran de nos échanges, ne fait suite à aucune demande de ma part. Comme constaté auparavant, cette information, comme toutes les autres, est restée lettre morte.

    Ici commence ma conversation avec Antoine Vayer. Lui-même a publié une partie de ces courriels, et vous allez le voir, les échanges sont brefs, comportant par la force des choses des redites par rapport à ce que j’ai déjà exposé. Je vous les livre bruts, sans commentaire long. Je ne souhaite pas alourdir un article déjà très long. Comme vous pouvez le constater, je ne pousse pas vraiment Vayer dans ses retranchements. J’ai déjà le flagrant délit du AK47 en main, je n’ai besoin de rien d’autre.

    Un point bref sur le dernier échange. Antoine Vayer refuse l’argent proposé, et je le signale ici. Par ailleurs, il lance une accusation gratuite concernant Julian Alaphilippe.

    Une nouvelle fois dans cet échange qui concerne d’anciens coureurs cyclistes professionnels, je joue la carte du profane total. Je prétends méconnaître totalement l’univers du cyclisme français.

    Un dernier échange avec Thierry Vildary le 28 septembre 2020. Une dernière élucubration sur le moteur, pour la route. Et je supprime l’adresse mail, laissant Thierry Vildary espérer recevoir des informations qui depuis le début, n’en étaient pas.

    Conclusion

    Aspects pratiques

    J’ai tenté de ne commettre aucune erreur dans la restitution fidèle des captures d’écran, par ordre chronologique. Si d’aventure une erreur devait s’être glissée, je plaide la bonne foi et puis assurer que cela ne change en rien la véracité des mails produits.

    J’enjoins par ailleurs les spécialistes à analyser ces captures d’écran afin de constater sans aucun doute possible que je n’ai rien monté, rien manipulé, rien inventé. Tout est authentique.

    Enfin je demande au lecteur de bien vouloir m’excuser quand les captures d’écran on fait doublon sur certains paragraphes. Encore une fois, aucune manipulation, simplement un léger manque de calibrage qui ne nuit pas au propos de fond.

    L’affaire Bahrain

    Entre septembre 2020 et aujourd’hui, Thierry Vildary et surtout Antoine Vayer n’ont cessé de se demander ce qui avait bien pu leur arriver. Vous l’avez vu, au cours des échanges, je suis entré dans le détail, j’ai travaillé en profondeur à la crédibilité des informations pourtant farfelues que j’inventais. J’imagine que les deux compères auront beau jeu, une fois cet article sorti, d’affirmer qu’ils savaient que tout était faux. Sauf que tout indique l’inverse. Sur un de ses supports média, Vayer a fait état d’une partie des mails produits ci-dessus. Il titrait l’article en se demandant s’il avait été en contact avec les « vrais/faux » Fancy Bears. On a connu plus assuré. Vayer qui a au passage continué pendant ces deux années écoulées à mentionner le AK47.

    Surtout, et cela me paraît d’une gravité extrême, l’affaire Bahrain qui débuta sur le Tour 2021 me semble totalement téléguidée par Antoine Vayer et faire suite à ce piège. L’homme pressent s’être fait duper. Il pense que le coupable, c’est un des membres du staff de l’équipe Bahrain Victorious, kiné de son état. Depuis plus d’un an, et que ceux qui en doutent aillent vérifier par eux-mêmes, Vayer ne cesse d’accuser publiquement ledit kiné de la Bahrain. Dans un flot ininterrompu de tweets et de messages haineux plus ou moins cohérents, émanant parfois de comptes twitter grossièrement faux, dont je me demande à quel point ils relèvent du harcèlement, Vayer vise donc ce membre de l’équipe Bahrain. Je ne peux que réitérer ici, sur l’honneur, ne pas être cette personne.

    Vayer a même écrit à plusieurs reprises (!) que le kiné allait recevoir de la « visite ». Et ce bizarrement juste avant les descentes de police. Il ne s’en cache donc même pas, c’est lui qui dirige les opérations. Voilà qui cadre parfaitement avec ce que les mails ont permis de mettre au jour : la collusion entre Vildary/Vayer et une personne haut placée au sein du système judiciaire, dont tout porte évidemment à croire qu’il s’agit du Parquet de Marseille. Autre élément qui vient corroborer cette thèse, la saisie systématique du matériel électronique de l’équipe Bahrain. Je pense que le véritable objectif de tout ceci, quitte à ruiner la réputation d’un individu comme d’une équipe, c’est de trouver des preuves électroniques de la culpabilité du kiné bahreïni.

    Ceci n’est qu’une appréciation personnelle, mais je trouve absolument choquant que la Justice puisse être le jouet du bon vouloir d’un individu, sans se soucier aucunement des résultats des investigations. Est-ce un enfumage volontaire ? Le Parquet de Marseille est-il à ce point amateur qu’il renouvelle systématiquement sa confiance en Vayer/Vildary sans exiger le moindre résultat ?

    Quid de la crédibilité de Vildary/Vayer

    Nous l’avons donc vu, Thierry Vildary et Antoine Vayer ont publié une fake news grossière, en direct. Le AK47 reste l’affaire principale de l’échange que j’ai reproduit plus haut. Pour une raison simple : il décrédibilise totalement les affirmations de ces deux personnages, quelle que soit l’affaire. Il révèle le niveau de déontologie de ces deux prétendus experts, dont le potentiel de nuisance est inversement proportionnel à leur niveau réel d’information . Je ne sais s’ils sont profondément malhonnêtes, ou simplement aveuglés par leur poursuite des tricheurs, reste que le résultat est là : ils sont capables de mentir en public, quitte à ruiner la réputation des personnes qu’ils accusent. Voilà qui devrait inciter à la plus grande prudence quand une information émanant d’eux sort dans la presse.

    Je m’interroge évidemment aussi sur la crédibilité d’un journaliste comme Thierry Vildary. Je voulais le faire parler, il a parlé, sans même que je le force. Outre les failles de sécurité énormes que cela implique dans la qualité des informations d’un prétendu journaliste d’investigation, cela en dit long sur la psychologie du personnage. Je ne suis pas certain devoir à l’avenir faire confiance aux informations d’un homme si facilement manipulable, qui en moins de 24h balance le nom de ses sources, ne vérifie rien de ce qu’on lui raconte et, encore une fois, publie par l’intermédiaire d’un tiers une information qu’il n’a absolument pas vérifiée. Comment ne pas douter d’un tel individu ? Comment ne pas se demander s’il n’est pas, par exemple, manipulé depuis des années par Varjas, qui prétend on l’a vu détenir la vérité sur la présence de moteurs dans le vélo ? Thierry Vildary ne vérifie rien, ne semble même pas comprendre un rythme de pédalage, parle un anlgais bancal, communique (difficilement) depuis une adresse gmail. Sa crédulité et son amateurisme n’en finissent pas de me surprendre. Et pourtant c’est à lui que l’on confie, dans un Stade2 extrêmement regardé le soir de l’arrivée du Tour de France, le soin de vomir un peu sur Tadej Pogacar, vainqueur du Tour. Quelle est sa légitimité ? Où sont, depuis 10 ans, ses informations majeures ayant abouti à des affaires majeures ?

    J’insiste là-dessus car un journaliste de cette ampleur a un potentiel énorme de formatage de l’opinion publique. Celle-ci, notamment en France, est biberonnée aux tweets/chroniques d’Antoine Vayer et aux reportages calomnieux de Thierry Vildary. Ce n’est donc pas un hasard, à mon sens, si l’opinion publique française se montre parfois aussi haineuse à l’égard des cyclistes. Avec la divulgation de ces échanges, j’aimerais simplement montrer que tout ce qui sort de la bouche de ces deux individus n’est pas parole d’Évangile. Et le fait que je retrouve dans la presse nationale et régionale française des pans entiers de mes mails présentés comme des informations vérifiées fait froid dans le dos. Ceci n’est pas de l’information. C’est de l’intoxication.

    Quid des accusations de Thierry Vildary

    J’en termine ici et m’interroge sur la suite des événements. Au cours de la conversation relatée, Thierry Vildary commet un nombre important d’accusations graves. Elles sont ici reproduites noir sur blanc et ne peuvent rester lettre morte. Ou Thierry Vildary dit vrai lorsqu’il affirme avoir la preuve du dopage mécanique d’UAE, ou d’Ineos lors des saisons passées. Ou de nouveau il s’agit là d’informations qui n’en sont pas, et donc d’accusations calomnieuses.

    Je laisse évidemment le soin à Thierry Vildary de publier ces informations. Et par ailleurs, je suis tout-à-fait ouvert au fait d’ouvrir les pages de ce blog aux protagonistes de l’affaire. S’ils le souhaitent, que ce soit le Parquet de Marseille, Thierry Vildary, Antoine Vayer, un membre de l’équipe Bahrain Merida ou quiconque est intéressé à la conversation, pourra être interviewé par mes soins dans les pages de ce blog.

    Je fus virulent par endroits, long, peut-être un peu trop. Mais je crois être resté honnête et transparent tout au long de ces deux articles. J’espère avoir été suffisamment intelligible pour que chacun se fasse une opinion éclairée de l’affaire et puisse analyser les événements récents, et qui sait, futurs, à la lumière d’un jour nouveau.

  • J’ai piégé Antoine Vayer et Thierry Vildary

    Armé de ma seule connexion internet, au sortir du Tour 2020, je pris la décision de piéger Thierry Vildary et Antoine Vayer. Échaudé par un énième reportage à charge du premier dans Stade 2, le soir même de l’arrivée du Tour 2020 remporté par Tadej Pogacar, je pris contact avec lui en me faisant passer pour une hackeuse disposant d’informations explosives concernant le dopage cycliste au cours du Tour écoulé. Le tout afin de le faire parler et de mettre au jour ce que tout le monde sait dans le milieu du sport professionnel : ses méthodes sont peu recommandables et ses infos presque toujours fausses. Je n’imaginais pas alors que tout ceci allait remonter jusqu’à Antoine Vayer, et permettre de révéler que celui qui abreuve la presse française de sa pseudo expertise est prêt à toutes les compromissions pour poursuivre de sa haine primaire les sportifs professionnels. Mensonge en direct, pacte de corruption tacite, invention de l’affaire Bahrain Victorious… L’envers du décor de la lutte anti-dopage n’est pas toujours reluisant. Et si, au lieu de systématiquement scruter les sportifs d’un oeil accusateur, l’on s’intéressait aussi aux accusateurs publics fallacieux ? Qui en définitive, uniquement animés de rancœurs personnelles, laissent dormir en paix les vrais tricheurs.

    L’affaire est à la fois complexe et très simple. Simple comme un flagrant délit de fake news, de mensonge, appelez ça comme vous le voulez, en direct, de la part du tandem Vildary/Vayer, obnubilés par le dopage au point d’en oublier toutes les règles de déontologie les plus élémentaires.

    Complexe, car il ne s’agit pas d’une affaire mais en réalité de dizaines d’affaires, de tuyaux percés, d’infos bidons, étalées sur deux décennies, et surtout de l’intoxication par une personne, Antoine Vayer, de l’ensemble de la presse française, très peu regardante quant à la véracité des faits avancés.

    Je vais donc résumer la chose dans les brefs paragraphes qui suivent, avant de livrer les captures d’écran brutes, non modifiées, inattaquables, des conversations que j’ai eues avec Vildary puis Vayer et qui mèneront, vous allez le voir, à dévoiler leur absence totale de travail, leur folie destructrice, et chose assez incroyable, à un mensonge en direct, en public.

    De quoi questionner très profondément le fonctionnement de la presse sportive française lorsqu’elle traite du dopage dans le cyclisme et qu’elle fait la part belle à ces deux tristes sires, qui peuvent raconter n’importe quoi sans jamais être repris de volée au gré des affaires non abouties, des accusations lunaires. Visiblement une partie de la presse, petit milieu acquis à la cause de ces deux médiocres enquêteurs, n’a que faire de la postérité, qui systématiquement donne tort à leurs élucubrations.

    Je sais fort bien qu’en restant anonyme, en publiant sur un blog anonyme, contre deux figures installées des médias, j’ai peu de crédibilité. Je le sais, et j’assume. Cependant, si ces quelques lignes peuvent ouvrir les yeux à quelques patrons de presse, à quelques amoureux rationnels du vélo, j’en serai heureux. La lutte contre le dopage me semble suffisamment importante pour la confier à des gens sérieux.

    Remarque additionnelle 1 : Je profite évidemment de la pseudo affaire Bahrain, montée de toute pièce par Antoine Vayer, pour publier ces preuves de forfaiture que je garde au chaud depuis deux ans. Chose amusante, pendant ce laps de temps, Vayer et Vildary, se sachant dupés mais ne sachant pas par qui, ont accusé à tort et à travers. Notamment (et c’est le point de départ de l’affaire Bahrain) un quidam, kiné de l’équipe Bahrain Merida, dont je me demande encore à ce jour ce qu’il peut bien avoir à faire avec tout ceci. Reste que Vayer, dans sa névrose absolue, a décidé que le coupable du piège que j’ai mis en place, c’était lui. Et a donc monté de toute pièce l’affaire Bahrain pour pouvoir diligenter, grâce à un parquet aux ordres (Marseille), des perquisitions afin de saisir les ordinateurs dudit kiné. Oui, vous avez bien lu. Vous connaissez maintenant l’origine des perquisitions menées l’an dernier pendant le Tour de France, à grand fracas. Évidemment, rien ne fut trouvé à ma connaissance dans les affaires électroniques du kiné en question (qui n’a pas souhaité répondre à mes questions, ce que je comprends), puisque l’auteur du piège qui va suivre, c’est moi. Tout ça pour ça. Je le répète, une affaire montée de toute pièce par un fou erratique aigri, Antoine Vayer, dans le simple but de tracker un hackeur imaginaire au sein de l’équipe Bahrain. Don Quchotte a trouvé son moulin, et, chose grave, la justice comme la presse s’en font l’écho.

    Remarque additionnelle 2 : Antoine Vayer a publié une partie de l’échange de mails qui vont suivre sur un de ses supports média. Il s’est étonnamment bien gardé de publier la partie compromettante de la conversation contenant entre autre son mensonge/sa fake news en direct. Qu’il se rassure, à la fin de cet article, cela sera réparé, et sa manière de faire entièrement exposée.

    Partie I : L’affaire, en bref

    Faisons simple : j’ai piégé Antoine Vayer et Thierry Vildary en me faisant passer pour un autre. En 2020, juste après l’arrivée du Tour en septembre (covid oblige), j’ai contacté ces deux personnages en leur faisant croire que je disposais d’informations dantesques (et complètement farfelues) concernant le dopage du peloton.

    Après quelques jours de conversation, les deux compères ont tout gobé, même les énormités que j’inventais au fil des mails. Sans aucune vérification, Antoine Vayer est allé jusqu’à diffuser une fake news en direct sur Twitter, concernant un pseudo nouveau produit dopant superpuissant totalement inventé, le AK47 (hollywoodien à souhait), qui sortait évidemment tout droit de mon imagination.

    Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que j’ai effectué une capture d’écran de chaque mail envoyé et reçu. Je les produis EN INTÉGRALITÉ et en totale transparence dans la partie II, contrairement à Antoine Vayer qui a tenté d’occulter une partie de l’échange. J’ai donc les preuves irréfutables de la création d’un mensonge éhonté en direct, visant à accuser nommément des sportifs professionnels de dopage. La preuve juridique de l’acceptation d’un pacte de corruption dans la suite de la conversation. La preuve évidente que ces chevaliers blancs de l’antidopage sont des amateurs aigris, des pieds-nickelés dangereux. Et pourtant, vous allez le voir, leur influence sur la presse et la justice est énorme.

    Le système Vayer – Vildary : influence en sous-main et délires personnels

    Vildary, idiot (in)utile

    Vildary, journaliste influent de la rédaction de France Télévision, a passé la dernière décennie à accuser tout cycliste suspect à ses yeux de dopage. Sa lubie : un dopage mécanique dont il affirme noir sur blanc avoir les preuves dans les mails que vous allez lire. C’est le spécialiste des coups manqués : peu d’informations fiables, un nombre calamiteux de reportages orduriers n’ayant débouché sur rien. Sauf salir le nom de sportifs professionnels et briser des réputations. C’est l’idiot (in)utile du personnage suivant. Comme d’autres journalistes français, il ne fait que suivre les « pistes » d’enquête soufflées par Vayer pour inonder la presse de commérages rarement aboutis.

    Vayer, tout pour nuire

    Vayer, c’est THE big boss. Ex-petite main de l’Équipe Festina et de son dopage organisé, il a détesté être mis à l’écart en raison de son manque de compétence. Depuis, il voue une rancœur terrible à l’encontre du milieu du cyclisme, et jouit du fait de salir des cyclistes qu’il pense, de bonne foi ou non, tous dopés. Ancien professeur d’EPS, il enseignait pourtant à des mineurs son fameux protocole cortisone avant de se tourner vers le cyclisme professionnel. Comment se piquer, à quel moment, pour quels effets. Il signait également de sa main les protocoles de dopage lourd de l’équipe Festina. Sauf que les coureurs ne l’aimaient pas, ses protocoles ne fonctionnaient pas vraiment. Viré, il n’a jamais accepté de s’être fait damer le pion par plus brillant. Il ne vit désormais que pour une chose : faire tomber le Docteur Mabuse qui le supplanta chez Festina et auprès des coureurs français, et salir le nom d’un maximum de cyclistes. Il surfe sur une vague facile : tous dopés, tous pourris.

    La presse et la justice dans la poche

    Vayer dispose ou a disposé de table ouverte chez LeMonde, chez l’Humanité… Vildary fut la tête pensante de la rédaction des sports de France Télévision (alimentant Stade 2, Cash Investigation)… Les deux sont en cheville avec le parquet de Marseille : ils l’utilisent à leur gré pour lancer des opérations totalement farfelues à l’encontre de leurs cibles personnelles. Faites le compte des perquisitions/affaires n’ayant abouti à rien lors du passage du Tour de France dans le Sud-Est de la France, et vous comprendrez.

    Leur influence est également immense chez les journalistes sportifs français, qui plutôt que d’enquêter par eux-même, vont en général à la source Vayer pour faire vendre du papier à moindre coût.

    Fait amusant, qui prouve par A+B ce que je viens d’écrire, je retrouve depuis septembre 2020, dans les articles de Pierre Carrey (Libération), de Clément Guillou (Le Monde), de Ouest-France et du Dauphiné Libéré, des phrases tout droit sorties des mails que j’ai envoyés et donc de MON imagination. Voilà qui en dit long sur l’état de la presse sportive. Ces journaux façonnent l’imaginaire collectif de millions de français. C’est une honte absolue.

    Presse française, justice française, entre incompétence et complicité crasse, personne ne contrevient donc aux agissements de Vayer et de ses laquais à la petite semaine. La mayonnaise prend bien, le discours du « tous dopés » est tellement facile que même avec de gros sabots, même en n’ayant produit aucune information fiable depuis des lustres, ces individus sont les rois du pétrole. La partie est facile : le cyclisme professionnel est à terre depuis l’affaire Armstrong et ne peut se défendre. Le cyclisme a fauté dans les grandes largeurs pendant des décennies. Aussi les vautours n’ont alors qu’à lancer une rumeur pour qu’elle devienne une information. Tout le monde plonge.

    Je ne suis pas cycliste, je n’ai aucun intérêt dans ce milieu. J’ai toute la liberté du monde et toutes les preuves qu’il faut pour dire : stop, ça suffit. Ce système a assez duré. Le dopage, le vrai, ne se combat pas en rémunérant de tristes guignols qui en ont fait un commerce morbide. Voici pourquoi.

    À SUIVRE …

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